mardi 10 février 2009

> Trop grosse.


C'est l'histoire de Sylviane.
Elle est obligatoirement importante, puisque c'est son histoire.

Sylviane évolua quelque temps dans un cabinet de médecins où Monsieur et Madame exercent en pool. Ils cherchaient, il y a dix mois, une « assistante polyvalente, de niveau bac+2 qui exercerait dans leur cabinet, s’adaptant très vite à la personnalité des médecins avec lesquels elle travaillerait. »
Elle aurait plein de qualités, notamment, en premier lieu, « une bonne élocution, le sens de sa mission et maîtriserait bien l’orthographe".
Elle
"répondrait au téléphone, prendrait les rendez-vous, gèrerait l'agenda, assurerait l’accueil physique des patients. Le suivi des plus fidèles clients serait réalisé sur un ordinateur Mac. »
L’assistante « saurait juger de l’urgence d’une situation, classerait, nettoierait les locaux professionnels. Elle saurait dégager du temps pour nettoyer, stériliser, ranger le matériel. » Bien entendu, cette employée serait « discrète, agréable avec les patients, et astreinte au secret médical. Elle accueillerait aussi les délégués médicaux, nombreux. Elle ouvrirait le cabinet le samedi. »

Leur choix se porta sur Sylviane, qui se contentait des 1 300 € mensuels proposés.
Elle se présenta à la première visite obligatoire d’embauche, façon articles R4624-10 et R4224-11 du Code du Travail, afin de vérifier si elle n’était pas porteuse « … d'une affection dangereuse pour les autres salariés », si elle pouvait être affectée au « …poste désigné sans risque pour sa santé ». Pas de problème : le médecin du travail délivra un avis d’aptitude.

Pas de problème ?
Sauf que Sylviane, pour une raison qui la regarde, a pris quelques kilos, ce qui a fortement agacé le couple d’employeurs très branchés esthétique et beauté du geste, macrobiotique et encens indien.

Ils l’ont convoquée une fois, deux fois, lui demandant de maigrir. En vain. Ils la menacèrent d’une rupture de contrat de travail si elle ne se mettait pas « sérieusement » au régime.

Elle vint me voir, une fois, deux fois.

Mais comme ils devenaient très désagréables, Sylviane s’adapta à nouveau « …à la personnalité des médecins avec lesquels elle… » avait faillit travailler longtemps : elle choisit d’accepter le chèque offert pour son silence. Pour aller maigrir ailleurs.

Qu'elle plaise ou pas, ceci est une histoire vraie, sauf le prénom de la salariée.

1 commentaires:

Monsieur Poireau a dit…

C'est souvent impressionnant la liste des savoirs-faire que ces employeurs exigent à l'embauche, quelque chose qu'on peut facilement chiffrer et le mettre en rapport du salaire demandé. Evidemment avec toutes ces études, pas le temps de prendre soin de soi, surtout que bien manger coûte cher !
:-))

[Quelle est cette mentalité qui consiste à ne pas voir derrière l'employée, une personne avec sa propre vie ?].

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