Je rase les murs. Quand j’entends parler d’identité nationale, je me fais tout petit. Pas facile pour une identité française de 134 kg, de se faire petit. Mais je rase les murs, ceux qui ne sont pas derrière des barrières, en fer ou de préjugés. Dans ma famille on a toujours rasé les murs, quelque chose ou quelqu’un. On s’est aussi fait raser.
Quand j’entends les mots « identité nationale », je sors un doux « volver » de 1935 qui les vit tanguer avec Carlos Gardel. (1) (2)
Je parle du lieu où ils ne retournèrent pas, mes parents. Ils sont devenus d’ici mais étaient d‘autre part. Comme d’autres qui fuirent, entre deux ventres creux, deux balles, deux pogroms ou deux stukas. Sur ceux-là, l’identité nationale leur tomba dessus comme la vérole sur le bas clergé espagnol, alors que la France et le Royaume-Uni n’intervenaient pas pour cause d’identité nationale. Déjà.

















